Phare Eckmülh – Penmarc’h

Phare Eckmülh – Penmarc’h

    Nouveau phare : à 122 m à l’Est de l’ancien phare de Penmarc’h

    La loi du 3 avril 1882 admettait la création de 46 phares électriques distribués uniformément sur notre littoral dont celui de Penmarc’h, construit en 1835, à la pointe Sud-Ouest du Finistère. Les nouvelles dispositions prescrivaient d’établir les appareils plus puissants sur un plan focal élevé à plus de 60 mètres au dessus des plus hautes mers pour bénéficier de toute l’intensité lumineuse. Alors que l’édifice existant ne mesurait que 40 mètres de hauteur, il devait subir une surélévation d’une vingtaine de mètres.

    L’ingénieur ordinaire chargé des études conclut à l’impossibilité technique de ce projet sur un édifice trop âgé et au diamètre sommital trop faible pour recevoir les maçonneries exhaussées et la nouvelle lanterne. La Commission des Phares se rangea à cet avis et entérina la décision de l’ingénieur pour préconiser une construction neuve. Les plans et devis de cette tour, présentés en 1890, pour un montant total des dépenses de 110 000 francs, furent approuvés par D.M. le 25 mai 1892 et les travaux pouvaient dès lors commencer.

    On se préparait à lancer l’appel d’offres lorsque deux mois auparavant, le 7 octobre 1892 mourait en son hôtel parisien madame Adélaïde-Louise Davout, marquise de Blocqueville. De son testament, daté du 2 février 1885 était extrait le passage suivant :

    « Je nomme M. Le Myre de Vilers, ancien gouverneur de la Cochinchine , mon exécuteur testamentaire en tout ce qui concerne le phare d’Eckmühl. Ma première et ma plus chère volonté est qu’il soit élevé un phare sur un point dangereux des côtes de France, non miné par la mer. Mon vieil ami, le baron Baude, m’a souvent dit que bien des anses des côtes bretonnes restaient obscures et dangereuses. J’aimerais que le phare d’Eckmühl fût élevé là; mais sur quelque terrain solide, granitique, car je veux que ce noble nom demeure longtemps béni. Les larmes versées par la fatalité des guerres que je redoute et déteste plus que jamais, seront ainsi rachetées par les vies sauvées de la tempête… Je consacre à cette fondation une somme de 300 000 francs, voulant ce phare digne du nom qu’il portera… Sur une plaque de marbre incrustée dans une muraille on inscrira les paroles suivantes : ce phare a été élevé à la mémoire du maréchal Prince d’Eckmühl par la piété filiale de Napoléon-Louis Davout, Duc d’Auerstaedt, Prince d’Eckmühl, son fils unique mort sans enfant et par sa fille Adélaïde-Louise d’Eckmühl, marquise de Blocqueville, également morte sans enfant »

    Saisi de cette offre alléchante, le ministre des Travaux Publics constitua une commission chargée d’étudier les mesures à prendre pour accepter ou non ce legs et, dans l’affirmative, décider de son meilleur emploi. Les membres réunis jugèrent l’offre intéressante et se fixèrent sur deux sites, l’île Vierge et Penmarc’h; ce dernier remporta la majorité des suffrages. La convention d’accord fut signée entre les deux parties le 22 décembre 1892 rendant caducs les travaux préparatoires de l’ingénieur Havé. Un décret ministériel en date du 16 mars 1893 légalisait les accords qui prévoyaient le remplacement de la vieille tour par une nouvelle qui prendrait officiellement le nom de phare d’Eckmühl. Les plans sont approuvés le 25 mai 1892. Les travaux débutèrent en septembre 1893. Pour réaliser les voeux de la testatrice, la tour du phare fut entièrement exécutée en pierres de Kersanton, la plus belle et la plus chère aussi, et l’on n’utilisa pour les parements vus que des matériaux de choix inaltérables à l’air salin de l’océan.

    L’inauguration prévue en septembre 1895 fut reportée au 17 octobre 1897, date aussi de sa mise en service et c’est ainsi que grâce au legs d’une vieille baronne parisienne « un phare des côtes bretonnes porte le nom, bien que mal orthographié, d’un village du fin fond de la Basse-Bavière « .

    Le phare est construit pour fonctionner à l’énergie électrique. Elle sera produite par deux machines à vapeur de 12 chevaux (une de secours) reliée à des alternateurs diphasés de type Labour. Les lampes étaient des lampes à arc dont les crayons étaient mis en contact par un régulateur mécanique Serrin. La puissance lumineuse ainsi dégagée sera deux fois supérieure au premier phare électrique de la Hève. Sa portée était de 100 kilomètres. La lanterne, l’ensemble de l’optique et cuve ont été construits par l’entreprise Sautter – Harlé et cie de Paris. Le phare était entretenu par un maître de phare et cinq gardiens.

    source : www.patrimoine-de-france.org

    Ancien phare :

    Au début du XVème siècle commence la construction d’une tour dite la « vieille tour » qui servit peut être de tour à feu. Un projet plus sérieux est présenté par le ministre Jean-Bon-Saint-André et autorisé par un décret du Comité de Salut Public daté du 22 janvier 1794, mais le chantier s’arrête par manque de crédits. Ils reprennent en juillet 1797 mais ne sont guère plus concluants et seuls les fondations et le soubassement sont achevés.

    En 1831, la Commission des Phares reprend les travaux antérieurs et décide de la construction d’une tour en ce lieu.

    1831 : feu fixe blanc provisoire sur la « Vieille tour »

    20 novembre 1835 : allumage sur une tour en maçonnerie de pierres de taille de 40 m de hauteur (même tour que celle du phare de Batz)

    Ce phare fût  éteint après l’allumage du phare d’Eckmühl en 1897.

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